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Les "harraga, reflet du "vide absolu" entre pouvoir et société

 
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sami
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MessagePosté le: Mer 1 Avr - 01:07 (2009)    Sujet du message: Les "harraga, reflet du "vide absolu" entre pouvoir et société Répondre en citant

ALGER, 31 mars 2009 (AFP) - Le phénomène des "harraga", ces Algériens qui tentent au péril de leur vie de traverser la méditerranée et rejoindre l'Europe sur des embarcations de fortune, reflète le "vide absolu" que le pouvoir a instauré dans ses rapports avec la société, estime le sociologue Ali Bensâad.

QUESTION : Qui sont les harraga?REPONSE : Attention, ce ne sont pas des désespérés. On se rend compte que la majorité sont des diplômés, ont un travail. Ce sont des gens conscients des risques qu'ils prennent. Ils refusent l'impasse dans laquelle ils se trouvent. En l'absence de canal d'expression politique, syndicale, voilà des jeunes qui réagissent avec des éléments qu'ils se sont construits dans un espace culturel et politique totalement désertifié. Il faut savoir rendre hommage à leur ténacité. C'est l'absence de perspectives socio-politiques et de libertés qui les conduit à ce choix. Mais au delà des libertés politiques et syndicales concrètes, c'est le mode de vie et le rigorisme social qu'ils ont envie de fuir. En été par exemple, la Tunisie et le Maroc sont envahis par des touristes algériens. Ce sont déjà des espaces de liberté par rapport à l'Algérie.

Q: Comment expliquer l'émergence de ce phénomène après le terrorisme des années 90 auquel les jeunes ont payé le plus lourd tribut?R: C'est vrai que ce phénomène n'était pas important du temps du terrorisme. L'instabilité, quelque part, était paradoxalement significative de possibilité de changement. Or ici, la fin de l'instabilité a annoncé la pérennité irréversible de la situation telle qu'elle était. La stabilité qui a suivi la violence a confirmé l'impossible changement et ça a donc accru ce type de réaction.

Q: Les autorités semblent désemparées devant ce phénomène et un ancien Premier ministre a même avoué qu'il ne le comprenait pas.

R: Quand un ancien Premier ministre avoue ne pas comprendre ce phénomène, ça veut dire qu'il n'y a pas vraiment de dialogue. Le phénomène reflète le vide absolu qu'a réussi à instaurer le pouvoir dans ses rapports avec la société. C'est donc l'absence d'intermédiation, la dévitalisation du corps social qui fait que surgit ce phénomène à la base. C'est la conséquence paradoxale de la domination du champ politique et social. C'est ce besoin d'avoir la maîtrise de la société qui fait qu'il n'y a pas d'espace à l'individu, à la liberté. Et comme on est dans une période de vote, ces jeunes votent avec leurs pieds puisqu'ils ne votent pas avec leurs mains. Les autorités ne peuvent pas comprendre, parce qu'elles ne peuvent pas comprendre la société.


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MessagePosté le: Mer 1 Avr - 01:07 (2009)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Lun 6 Avr - 10:43 (2009)    Sujet du message: Les "harraga, reflet du "vide absolu" entre pouvoir et société Répondre en citant

Harraga: mode d’emploi 
Avec des clandestins algériens en Espagne 
 
De Notre Envoyée Spéciale A Madrid: Samar Smati 
 Si les Espagnols connaissent les trabendistes algériens, qui se sont approprié leur mot «Trabendo», ils commencent à faire la connaissance des «Harraga» algériens. Ces clandestins se fondent dans la société espagnole, vivant d’expédients et ont créé leur propre univers dans ce «pays de transit».
Il n’y a pas de quartier arabe à Madrid, juste un «Centro cultural islàmico». Un complexe religieux abritant la «Mezquita M30», la grande mosquée de la capitale. Le M30 est en référence au périphérique qui ceinture le centre-ville de Madrid et qui longe la mosquée le long de l’Avenida de la Paz. Chauvins, les Espagnols présentent «leur mezquita» comme étant la plus grande et la plus belle d’Europe, architecturalement issue de leur histoire et de l’héritage arabo-andalou. Les Algériens, eux, l’appellent «Djamâa El-Kebir», en référence à la taille du complexe.
Aux alentours, il faut montrer patte blanche avant de pouvoir discuter avec un Algérien. Suspicieux, méfiants, deux jeunes se laissent difficilement aborder. Installés dans un café éloigné de la mosquée, ils ne veulent surtout pas se faire remarquer, ils acceptent de raconter leur histoire, leur parcours jusqu’à Madrid. Dans le café, ils choisissent le coin le plus reculé, loin des regards. Les deux «baragouinent» quelques mots en espagnol au serveur venu prendre la commande. Serrés autour d’une table, ils parlent en arabe: «C’est un sujet sensible. On n’a pas besoin que les Espagnols comprennent», explique Samir, la trentaine, originaire d’une ville du centre.
Jeans, baskets et casquette du Real de Madrid, il a la mine patibulaire et le rythme volubile: «Je suis rentré par la France, il y a deux ans. Je vivais dans la banlieue parisienne. J’étais arrivé avec un visa, mais «herragtou». Je suis venu en Espagne par route voir un ami du quartier, avec un faux passeport français. Et depuis, je vis ici». Pourquoi ? Tout simplement, explique Samir, parce que l’Espagne, contrairement à la France ou aux autres pays européens, est plus «relâchée», «moins regardante». L’essentiel est de ne pas se faire remarquer.
Il est toujours en situation irrégulière mais son statut de «harraga», il l’assume. Il en avait marre de tourner en rond dans sa ville natale, sans emploi et sans logement. «Je vis mieux à Madrid», assure-t-il, même au noir. Rentrer, il n’y pense pas du tout. «Je ne suis pas dingue ? Je ferais quoi là-bas ? C’est pire qu’ici». Samir espère pouvoir régulariser sa situation à la faveur de la procédure de régularisation massive et exceptionnelle qui a été engagée par le gouvernement espagnol le 7 février dernier. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est que ce ne sera pas évident.
Cette initiative n’est pas une innovation de la part du gouvernement Zapatero. La première a eu lieu entre 1991 et 1992 grâce au gouvernement socialiste également de Felipe Gonzalez. C’est la sixième fois qu’une telle opération se déroule. Le phénomène particulier de régularisation cyclique attire les clandestins. Cette procédure pourrait concerner, selon les chiffres avancés à Madrid, près d’un demi-million de sans-papiers. Des Marocains, mais aussi des Colombiens, des Equatoriens mais singulièrement pas d’Algériens. Officiellement, ils ne sont pas recensés en tant que «clandestins».
Un contrat de travail d’une durée minimale de six mois et un certificat qui prouve l’inscription de l’immigrant clandestin, depuis le 7 août 2004, au padron, le recensement municipal sont obligatoires. Les immigrants doivent également remettre une attestation certifiant qu’ils n’ont pas d’antécédents pénaux dans leur pays d’origine et qu’ils n’ont commis aucun délit en Espagne. La mise en oeuvre de la procédure ne se fait qu’à travers l’employeur. Ce dernier doit se rendre dans l’un des 160 bureaux municipaux ouverts à travers tout le royaume ibérique pour déclarer ses travailleurs en situation irrégulière. Le gouvernement espagnol espère ainsi mettre un terme à l’économie souterraine et freiner les coûts sociaux que provoque le travail clandestin.
 L’immigré clandestin verra, dans un premier temps, sa situation régularisée pour la durée du contrat de travail dont il dispose. Un nombre important de clandestins ne peuvent répondre aux conditions exigées d’une part. Leurs employeurs n’ont pas forcément envie de les déclarer non plus. Le système actuel les arrange plus que ce que leur propose le gouvernement Zapatero.
 Sans diplôme, Samir n’a pas, pour autant, d’emploi stable, encore moins de salaire fixe. Il vivote en faisant de petits boulots. «Oh, je fais ce que je peux. J’ai travaillé dans le bâtiment, j’ai été serveur». C’est la seule manière, affirme-t-il, grâce à laquelle il gagne sa vie. «Je ne vole pas et je ne vends pas de zatla. Ça ne m’intéresse pas».
 C’est à ce stade de la conversation que Mohamed intervient. Plus taciturne, moins causant, à 26 ans, il vient de passer deux ans et demi en Espagne. Il est arrivé de l’Ouest par le Maroc mais ne veut surtout pas raconter son parcours. «Les Algériens sont habitués à prendre l’argent facile. C’est vrai, on est majoritairement des voleurs à Madrid. On s’attaque aux touristes, dans le métro ou dans les quartiers commerçants», explique Mohamed. Pas de quoi en être «fier» mais c’est comme ça que ça «fonctionne» à Madrid. «Pourquoi tu racontes ça ? C’est pas vrai, les Algériens à Madrid, ils font la prière, ils ne volent pas et ne touchent pas à la zatla», le coupe brusquement Samir, mal à l’aise devant la tournure de la conversation. Mohamed rétorque que «l’hallal se passe à l’intérieur du Djamaâ, l’haram à l’extérieur».
 Les deux mosquées de Madrid, la Mezquita M30 tenue par des Saoudiens et une autre tenue par des Marocains, servent de repère et de point de ralliement aux immigrants clandestins d’origine arabe et musulmane. «C’est l’odeur du bled», explique Mohamed. Il regrette un «peu» d’être parti, d’avoir quitté sa famille, ses amis. «Je ne peux pas renter, je dois me faire une situation», explique-t-il. Il ne peut pas travailler parce qu’il ne maîtrise pas encore l’espagnol. Il connaît quelques Algériens harraga comme lui. «Tout dépend, certains sont rentrés avec le visa et ils sont restés, d’autres sont passés par le Maroc. On vient parce qu’on connaît des gens, ouled el houma, la famille et après on voit», explique Mohamed. Pour les papiers, ils se débrouillent. «S’ils ont de la chance, ils récupèrent de faux papiers à droite, à gauche. Il y a des places par ici où on peut en trouver. Sinon, ils font des «doublettes»», précise-t-il.
Les «doublettes» sont des passeports récupérés lors de vols à la tire ou «achetés» à des «beznassia» (affairistes) qui ont une carte de résidence. «Avec une photo, ils trafiquent le passeport, font la photocopie et vont à la mairie qui n’exige que la photocopie pour se faire recenser. Ils peuvent même travailler avec puisque sur la carte de sécurité sociale, il n’y a pas de photo», développe Samir. Fausses identités, fausses adresses, ils arrivent comme ça à passer les mailles du filet sécuritaire. «Quand les jeunes se font arrêter, ils passent devant le juge qui les relâche au bout de trois jours avec une convocation pour se présenter devant lui quelques jours après. Mais bon, puisque rien n’est vrai sur leurs papiers, ils s’en sortent plutôt bien», ajoute Mohamed.
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